Sports d’hiver
Ouf ! Ce tire-fesses est vraiment brutal. Bon, je suis encore debout et ça monte. Il est très long. On ne voit pas l’arrivée. La chaîne des Aravis apparaît, petit à petit, immense, splendide. Bruit des skis sur la neige glacée, cliquetis de la perche au passage des poteaux, brise fraîche sur le visage et soudain… rien que ces sensations, pas de commentaires, une Présence profonde à tous ces phénomènes, le paysage entier flottant dans cette Vision panoramique extra-large. Une attention paisible note toutes ces sensations. Voir… Un seul grand espace sur les épaules…Et dans ce Voir apparaît les sons, les sensations , le ressenti corporel… Un seul Grand Espace rempli du paysage, des bruits, et même les quelques pensées sont notées, comme un son qui naît, qui passe, seule la Présence immuable, calme, paisible…Devant, tiens, deux bras. Mais attachés où ? A l’espace, qui Voit… C’est l’arrivée. Une pensée surgit : » Bon, fais gaffe, tu n’es pas un champion et à ton âge.. » Elle est vue , pas de réaction, le Calme est là, la perche est lâchée, dérapage , arrêt….ça fonctionne tout seul. Le groupe arrive, choix de la piste, c’est parti. Calme et Tranquillité, jusqu’en bas. Et Michèle s’exclame : « Ben dis-donc, tu progresses, tu arrives en même temps que nous maintenant ! »
« Tu »…..Euh ? Ah oui, c’est vrai, j’avais oublié « Moi » !
Jean
Dans les années 85, j’ai pratiqué le Zazen régulièrement en participant à des Sesshins (semaines de méditation), dans le courant Zen Rinzaï. Je lisais tout ce qui se rapportait au Boudhisme Zen . Puis quelques années plus tard, un ami m’a fait connaître la pratique du Vipassana, tradition « moine de la forêt ». Je lisais toujours autant, (Nisargadatta, Balsekar, Maître Eckart ….). Puis , j’ai rencontré Jean Bouchart d’ Orval. (Son discours et celui de Denis sont identiques). Et, je suis tombé sur un article de Denis, dans la revue « 3ème Millénaire ». J’ai « dévoré » tout son site. Denis a répondu à toutes mes questions. La course à l’éveil, un jour, est apparue illusoire : là où nous sommes est l’endroit privilégié pour se connaître. Rester tranquille, détendu, vigilant, accepter tout ce qui apparaît dans la conscience et …. un jour, Voir que le « Je », le « Moi » n’est qu’ une pensée émergeant d’une énorme Tranquillité Silencieuse.
Pourquoi les gens qui se font bronzer au soleil
ont-ils l’air si réjoui ?
Imaginons la scène :
Une personne arrive à la plage. Elle se met en maillot de bain, s’allonge sur sa serviette, trouve sa place. Elle ferme les yeux… C’est le moment important… Elle se laisse gagner entièrement par la sensation. Sensation de la douce chaleur sur tout le corps. La personne est totalement investie dans ce ressenti. Prenant conscience de son visage , elle perçoit derrière ses paupières baissées une luminosité jaune-orange. Son attention est juste derrière ses yeux. Plongée dans ce ressenti, ne faisant qu’un avec « ce qui est », le mental compulsif s’est pour un temps arrêté.
Notre personne repose dans une béatitude tranquille, l’esprit vacant…Ce que d’autres cherchent à obtenir par des méditations, des pratiques, des voies…
Puis, la personne va s’endormir. Quand elle émergera, elle attribuera au soleil le pouvoir de créer en elle cet état. ( Comme Denis, tout petit, attribuait à son nounours le fait d’être heureux. – voir son article “Avoir un coeur” ).
Alors, promis-juré, demain elle recommencera, si il fait beau. Maintenant, c’est l’heure du bain.
D’autres personnes touchent cet état en écoutant une musique, ou tombant en arrêt devant un paysage superbe, ou chez le masseur, ou encore, scotchées sur un bon film…..
Chacune croit que cet état est la conséquence d’un évènement. Alors qu’il est là, toujours là, en nous, c’est nous. Il s’actualise quand nous sommes un avec la situation du moment, quand le mental a baissé la garde, grâce à une attention totale qui nous plonge dans le « Voir ».
Alors, les vacances approchant, à tous, rendez-vous sur la plage !
Jean
